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Tobacco free intitiative : parce que la première cigarette est toujours celle de trop
Par Élodie Morel Lebbos
iloubnan.info - Le 08 septembre 2008
 
Prévenir la première cigarette chez les jeunes Libanais: tel est l’un des objectifs principaux de l’association TFI (Tobacco Free Initiative), qui depuis huit ans lutte contre le tabagisme au pays du Cèdre. Cette ONG créée par la famille de l’avocat Antoine Kayrouz, décédé en juin 1999 d’un cancer du poumon, a pour but de protéger la jeune génération des ravages du tabac. Cette association composée d’hommes et femmes d’affaires, de médecins, d’avocats, de psychologues et de journalistes vient d’être récompensée par l’OMS pour son action dans la lutte contre le tabagisme au Moyen Orient.

25% des jeunes Libanais de 12 à 16 ans ont essayé la cigarette en 2007. Et 10 % d’entre eux sont devenus fumeurs. Ce taux est révélé par une étude menée par l’ONG TFI l’année dernière*. Ces chiffres sont en légère baisse par rapport à la même étude menée entre 2001 et 2004, qui indiquait, en moyenne sur ces quatre années, le taux de 12,8 % de fumeurs chez les jeunes. Néanmoins, il est urgent de faire changer les idées reçues chez les jeunes Libanais vis-à-vis du tabac. C’est en tout cas le constat de toute l’équipe de l’association TFI, qui vient d’être récompensée par l’OMS pour son action dans la lutte contre le tabagisme au Moyen Orient.

Joe Souaid, directeur exécutif de l’association TFI, explique que « au Liban, la cigarette est associée dans les publicités à l’idée de liberté et de modernité ». Et en effet, les campagnes qui fleurissent sur le bord des routes libanaises à grands coups de panneaux d’affichage incitent clairement à penser que fumer, « c’est cool ». Tout l’enjeu du travail de TFI est de prouver le contraire aux jeunes Libanais, pas encore touchés par la tendance qui prévaut en occident, où fumer est particulièrement mal vu. La cigarette a perdu là-bas une bonne partie de son aura, dans la vie réelle tout comme dans les films… ou même les bandes dessinées : il y a quelques années, la célèbre cigarette pendant au coin des lèvres du héros de BD Lucky Luke avait même été effacée, car considérée comme un mauvais exemple pour les jeunes lecteurs. Le Liban n’en est pas encore à ce genre d’initiative. Alors, pour cibler les jeunes et les faire changer d’avis sur la cigarette, TFI va les chercher là où ils passent normalement le plus clair de leur temps : à l’école. L’ONG a ainsi contactée depuis sa création plus de cinquante écoles (publiques ou privées, laïques ou religieuses et de toutes confessions), et ainsi atteint plus de 8000 élèves de 12 à 16 ans, de toutes religions et tous milieux sociaux. « L’idée est de faire comprendre aux jeunes les pièges dans lesquels les publicitaires cherchent à les faire tomber pour les inciter à fumer, poursuit Joe Souaid. On leur explique les rouages de l’industrie du tabac, en leur montrant que les industriels ont besoin d’eux pour écouler leur production, et ne font en fait que les utiliser ! L’exemple des nouvel les "cigarettes candies", aromatisées à la vanille ou aux fruits comme des bonbons, montre clairement la volonté des industriels de cibler un public de plus en plus jeune ».

Un réseau financé par la Banque mondiale


Pour changer la perception que les jeunes ont du tabac, l’ONG organise lors de ses interventions en milieu scolaire des rencontres avec des personnalités et célébrités auxquelles les élèves peuvent s’identifier : TFI a ainsi pu bénéficier de la coopération de champions sportifs tels que Sabah Khoury, Rony Fahed ou Jihad el Murr, de comédiens tel que George Khabbaz, de stars issues du concours Miss Liban comme Marie-Josée Hnein et Annabelle Hilal, ou de l'émission Star Academy comme Bruno Tabbal, sans oublier les stars du petit écran comme Rania Baroud, Serge Zarka ou Rita Khoury.
« Cependant, le plus efficace est de rendre les jeunes responsables de la transmission du message et des initiatives de sensibilisation, poursuit Joe Souaid. Pour cela, TFI a créé en 2008, à travers dix-huit écoles tout un réseau de clubs ‘‘Prévention tabac’’ : ces clubs sont animés par les élèves eux-mêmes qui organisent des débats, conférences, compétitions, concerts, expositions etc, afin de faire vivre la lutte anti tabac pendant toute l’année scolaire ». Ce réseau a été financé par la Banque mondiale.

Spécificité libanaise, ou du moins orientale, la cigarette n’est pas le seul fléau en matière de tabagisme : le narguilé fait aussi parti des dangers contre lesquels lutte TFI. Le succès de la "chicha" chez les jeunes Libanais est encore plus important que celui de la cigarette : près de 30% des jeunes s’y adonneraient régulièrement (quand 50 % déclarent l’avoir essayé) selon une étude* de TFI. Le chiffre est en nette hausse par rapport à une étude similaire menée par l’ONG sur la période de 2001 à 2004, qui indiquait alors 25 % de fumeurs de narguilé chez les jeunes.


*Etude menée en 2007 par l’association auprès de 3300 élèves de 12 à 16 ans, dans le Grand Beyrouth et le Mont Liban.

 
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