
Mayssaloun Nassar, de son côté, pense que la situation du pays n’est guère propice à la création d’un nouveau mouvement. « Lorsque la division est à son apogée comme maintenant, on ne peut pas être neutre. Et c’est difficile de convaincre qu’on est citoyen, avant d’être de telle confession ou de tel parti politique ». Pour autant, cette jeune femme qui travaille dans l’audiovisuel refuse de rentrer dans une case bien définie : « Moi, j’aime le Liban, ce n’est pas de la poésie. Même si je ne suis pas représentée au Parlement, je ne suis pas isolée pour autant. Au Liban, tout le monde peut s’exprimer. Personne ne peut m’isoler. A travers des réalisations artistiques ou médiatiques, on peut induire des changements dans la société et faire évoluer les mentalités » est-elle convaincue. Les ONGs sont pour Mayssaloun un terrain propice à ce travail. « Elles peuvent servir de tremplin à des actions politiques ».
Marie-Claude Najm s’est d’ailleurs investie dans Khalass ! une campagne indépendante initiée par la société civile libanaise pour exhorter les responsables politiques à dépasser le blocage. « Le propre d’une société civile, c’est de faire un travail de lobby sur les politiques. Khalass ! est un mouvement positif, mais ce n’est pas suffisant pour faire pression, ça permet de pointer du doigt ce qui ne va pas, mais sans faire en sorte que ça ne fasse plus mal ».