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| Crédit photo: AFP |
Depuis l'âge de 15 ans, Mohamed Fannas est "messaharati", la personne qui réveille les fidèles pour le "sohour", le repas pris avant l'aube pour permettre aux musulmans de tenir sans boire ni manger jusqu'au coucher du soleil pendant le jeûne du mois du ramadan. Chaque nuit de ce mois sacré, il sillonne les ruelles du Vieux-Saïda, ville conservatrice musulmane à 40 km au sud de Beyrouth. Il troque ses habits modernes pour une traditionnelle djellaba et un bonnet blanc et emporte ses outils de travail: son tambourin et sa lanterne. "Cette lanterne est mon vieux compagnon. Sa lueur donne une atmosphère d'authenticité et de chaleur. En plus, elle éclaire mon chemin lors des interruptions du courant fréquentes au Liban", dit-t-il. Fannas prend son départ des ruelles proches du port où sont amarrées les centaines d'embarcations colorées des pêcheurs. Il longe les vieilles maisons en pierre, ornées d'arches et de vitraux colorés. Il passe devant l'église grecque-orthodoxe de Mar Nicolas (Saint Nicolas) et la synagogue de ce qui était le quartier juif, où les israélites de la ville venaient prier avant le départ des derniers d'entre eux avec le retrait de l'armée israélienne de Saïda en 1985, après 3 ans d'occupation. "Réveille-toi dormeur. Réveille-toi et appelle le nom de Dieu", répète-t-il en appelant un à un les habitants. "Abou Mohamed, Oum Ismaïl, Aziz. Levez-vous", hèle-t-il sous les fenêtres. "Chaque ramadan, j'essaie de perpétuer la tradition du messaharati mais je crains d'être une espèce en voie d'extinction", dit M. Fannas."Le tempo moderne et le progrès technologique sont trop rapides et trop forts pour que j'y résiste", constate-t-il.