Sorti en France le 14 mai 2008, sous les bombes a été tourné en pleine guerre. Tourné en pleine guerre, ce qui confère à cette fiction une valeur quasiment documentaire, ce film a reçu de nombreux prix internationaux (dont au 64ème festival du film de Venise, le prix Altre Visioni Human rights film award). L’histoire est celle de l’itinéraire tragique d’une mère chiite, Zeina (Nada Abou Farhat) jeune femme meurtrie mais pleine d’espoir de retrouver son fils Karim, qu’elle avait confié à sa sœur pour des vacances dans le sud du Liban quelques temps avant le début de la guerre. A Beyrouth, dès le cessez-le-feu, Zeina fait la connaissance de Tony (Georges Khabbaz), un chauffeur de taxi chrétien qui décide de l’emmener au sud Liban pour y chercher son fils.
Dans ce film bouleversant, Philippe Aractingi capte l’élan du sentiment avec le regard de la révolte : “Je n’avais pas à mettre mes acteurs en situation, nous l’étions déjà”, remarque-t-il. Aractingi “mixe” l’amour et la haine, le bien et le mal. Il saisit la trajectoire de l’amour, à laquelle se superpose banalement le contexte effrayant de la violence. “Je ne voulais pas la haine. J’ai voulu aller avec les événements. Je voulais témoigner’’, commente-t-il.
Bâti sur l’improvisation et une bonne dose de suspense, ce long-métrage est régi par une émotion extraordinaire. Tout au long du film, pas de défilé de scènes sanglantes et violentes - un choix esthétique et personnel du réalisateur : “J’ai évité de montrer des morts, on en a trop vu’’, souligne-t-il. La grande part de l’émotion émane ainsi du dialogue entre les personnages, fruit de la collaboration étroite entre le réalisateur et Michel Leviant.
Le jeu des deux acteurs principaux, tant Nada Abou Farhat que Georges Khabbaz, inonde quant à lui de naturel et de charme. Nada Abou Farhat a d’ailleurs remporté le Golden Poney Award –Best Actress pour sa remarquable interprétation.
Interpellant à chaque seconde le spectateur, “ Sous les bombes’’ est un film-miroir, une fresque circulaire qui donne la chair de poule, où chaque Libanais se reconnait intimement à travers le leitmotiv pulsionnel de l’amour et le choc émotionnel de la guerre.
A Noter que nous recommandons vivement de visionner ce film en version originale.